Notre région conforte sa place sur le podium national derrière l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes au classement des volumes de déchets collectés et valorisés. En un an, entre 2023 et 2024, derniers chiffres publiés, la filière régionale a nettement progressé dans le traitement de ses gisements, en dépit de baisses marquées dans les métaux non ferreux, les papiers-cartons ou les plastiques.
Organisée chaque année dans les régions, la Journée mondiale du recyclage (JMR) est l’occasion d’une plongée statistique dans l’activité des recycleurs locaux. À ce titre, la fédération régionale (FEDERREC) n’est pas en reste. Déjà dans un précédent entretien, Frédéric Dutriez, son président, avait insisté depuis Marcq-en-Baroeul sur la résilience plus ou moins forte des différentes filières au sein des 280 sites employant plus de 4 000 salariés dans les Hauts-de-France. En substance, le recyclage a tenu bon depuis 2022 et les nouvelles tensions réglementaires ou industrielles sur des marchés secoués et fragilisés par les nouvelles cartes géopolitiques.
Près de 20 % de gisements supplémentaires
Les chiffres publiés ce 18 mars peuvent l’attester, avec 6,4 millions de tonnes de déchets collectées et valorisées, la région tient toujours le haut du pavé au classement national avec 11,2 % des flux recyclables en 2024 (derniers chiffres disponibles, contre 9,6 % en 2023) alors qu’elle ne pèse que 9,3 % de la population générale.
Comme les années précédentes, cette performance en volume traduit une surreprésentation de l’industrie, en particulier dans le Nord – Pas-de-Calais. Ces volumes ont même progressé de 18 % entre 2023 et 2024, avec la hausse la plus forte dans les déchets du bâtiment, toujours de loin le premier gisement de déchets valorisables en économie circulaire.
Le BTP toujours en maître
C’est la marque d’une intensité soutenue dans le renouvellement des chantiers du BTP en région : + 80 % de déchets, de 1,6 million de tonnes (Mt) en 2023 à 2,8 Mt en 2024. D’autres filières progressent de manière moins sensible, c’est le cas du bois hors palettes à 655 000 tonnes (+ 57 %, notamment grâce aux bennes mono-matériau multi-responsabilité élargie des producteurs), c’est aussi le cas des métaux non ferreux (284 000 tonnes, + 18,3 %) ou des textiles (30 000 tonnes, + 7,3 %). Le verre, ménager ou industriel, est relativement stable (242 000 tonnes, + 1 %) alors que les principales baisses adressent les filières des métaux ferreux (1,54 Mt, – 18,5 %), les papiers-cartons (740 000 tonnes, – 17,4 %) ou les plastiques (95 000 tonnes, – 26,6 %).