Notre monde hyper productiviste génère toujours plus de déchets dont les traitements s’annoncent de plus en plus techniques et coûteux. À Loos, la petite équipe de Mashup.green trouve les solutions avec les fabricants ou les utilisateurs de lignes pour améliorer les process, éviter les gaspillages et garantir les rentabilités.

Pour Textifloor à La Madeleine, la séparation chimique de dalles de moquette à réemployer sur la ligne de nettoyage. À Fretin, l’amélioration d’une ligne de traitement de ferrailles pour PRE FER-Nord, une filiale du groupe Eiffage. À Avelin, pour Cosmolys, un suivi des machines de traitement de déchets d’activités de soins à risques infectieux pour séparer les plastiques valorisables des déchets médicaux. Toujours à Avelin, pour Monoméris, des conseils sur l’industrialisation des procédés de séparation des polymères plastiques. À Douchy-les-Mines, pour STV TRI, un projet d’installation d’une ligne de traitement des déchets ménagers pour le process complet, etc.

Voici Mashup.green, travaillant souvent dans l’ombre en prestation de service pour installer des lignes, optimiser leur fonctionnement, concevoir des machines spéciales pour des clients précis (comme Textifloor). Faire du sur-mesure pour de nouvelles solutions, établir des cahiers des charges avec les partenaires fabricants, en somme, faire tourner la machine du traitement des déchets, de la conception à la maintenance. Et ils ne sont que quatre ! Lucie Haquette, ingénieure financier, Ludovic Verbrugge, vingt ans dans l’environnement, un transfuge de Neo-Eco, pour les grosses lignes de traitement, Mathieu Mulliez, vingt dans le suivi de projets industriels, et Melesio Quijada, docteur en chimie des sciences de l’environnement formé à Lille, en Angleterre, en Belgique et en Allemagne.

La séparation des déchets, voilà l’enjeu industriel

« Mashup », dans le dictionnaire, est la combinaison de deux ou plusieurs choses différentes. L’association des quatre membres est prolifique et place Mashup.green sur la carte régionale de sa spécialité, la valorisation des déchets pour les entreprises et les collectivités.

« Il y a de plus en plus de déchets et de plus en plus de déchets difficiles à traiter, explique Melesio Quijada. Or, une matière n’est vraiment valorisable que si nous parvenons à la séparer des autres, pour pouvoir l’utiliser ensuite comme une entité pure. C’est le cas par exemple avec les bouteilles en PET, pour en faire d’autres objets en PET. C’est bien plus compliqué avec les matériaux composites, faits par exemple de fibre de verre, de polyuréthane, de retardateurs de flamme, etc. La séparation mécanique classique est souvent insuffisante, il faut trouver d’autres solutions. » Autre exemple, les déchets électroniques doivent être broyés finement et des aimants récupèrent ensuite le cuivre, l’aluminium, etc., mais pas les PFAS ou le bisphénol A, pour lesquels un traitement chimique s’impose.

Réduire les gisements de déchets à la source, voilà la stratégie

Mashup.green réalise environ un million d’euros de chiffre d’affaires, l’entreprise est adhérente du pôle de compétitivité Team2 à Lens pour soutenir ses innovations en économie circulaire. Totalement indépendante, la société est certifiée rentable et plaide pour la réduction des volumes de déchets, notamment par l’écoconception via ses études de faisabilité ou ses audits pour ses clients industriels.

« L’évacuation des déchets leur coûte souvent cher, ajoute Melesio Quijada. La réduction des gisements à la source devient de plus en plus stratégique pour éviter les incinérations ou les mises en décharge. » L’économie circulaire n’est écologiquement acceptable que si elle permet une diminution drastique des volumes de production. Ceux des déchets ne doivent pas échapper à la règle.