L’inauguration cet été de la centième unité de méthanisation des Hauts-de-France permit à GRDF de franchir une barre symbolique sur le biogaz et de renforcer l’ambition avec Rev3 d’une pole position nationale sur l’injection de biométhane dans les réseaux de gaz naturel fossile. Avec une première française pour une station d’épuration.
Une station d’épuration qui produit du biogaz, c’est en effet une première française depuis le 2 juillet, la communauté d’agglomération du Pays de Laon devenant à cette occasion le tout premier territoire 100 % autonome en gaz vert et local pour ses usages résidentiels en alimentant ses 9 000 foyers pour leur chauffage, leur eau chaude ou leur cuisson.
Changement de bioéchelle
Le biogaz répondait déjà à près de la moitié de l’ensemble des besoins, usages industriels inclus, à comparer à une moyenne nationale établie à moins de 5 %, contre 11 % dans le département très rural de l’Aisne, près de 3 % à l’échelle régionale (objectif 20 % en 2030). Le gaz vert est issu de la méthanisation des déchets agricoles mais pas seulement. Un investissement de 15 M€ permet ici de réduire considérablement le volume des boues de la station d’épuration d’Ardon, exploitée par Suez Eau tout en produisant une énergie renouvelable (le biogaz) directement réintégrée dans le réseau.
« C’est tout bénéfice et c’est bien l’ajout de ce volet énergétique qui est innovant dans le projet », insiste Didier Cousin, directeur régional de GRDF à Lille. L’occasion pour lui de réunir à Laon les acteurs du CORBI, le comité régional pour le développement du biogaz, sous label Rev3 pour une troisième révolution industrielle verte en région, pour cette contribution décisive faisant déjà de la France le pays leader du biogaz en Europe.
Changement de biovitesse
Les Hauts-de-France disposent aujourd’hui de 103 méthaniseurs dont celui inauguré fin mai à Petite-Synthe par Daudruy Dunkerque pour alimenter l’équivalent de 12 000 foyers, 20 000 à terme, ce qui en fait et pour 16 M€ la plus grande unité de méthanisation au nord de Paris grâce aux résidus de la raffinerie d’huile de l’entreprise (75 %), adjoints à d’autres déchets agroalimentaires (25 %).
Quant à l’inauguration de celui de Laon, elle permet à ce territoire de renforcer sa vocation de démonstrateur Rev3 sur les énergies renouvelables, l’agglomération disposant par ailleurs du plus grand parc solaire de la région (100 hectares), de nombreuses chaufferies biomasse et d’une petite flotte de bus roulant au GNV à Laon.
Pour rappel, les méthaniseurs régionaux produisent 2,3 TWh, l’équivalent de 385 000 logements récents chauffés au gaz et d’une économie de gaz à effet de serre de 450 000 tonnes par an. Dans sa vision, le CORBI espère atteindre 7 TWh en 2030 – autant réaliser trois fois plus ces cinq prochaines années.