C’est le match : 34 % pour les énergies renouvelables, 33 % pour le charbon en 2025. Le fossile est pour la première fois dépassé par l’électricité décarbonée et c’est une bonne nouvelle pour le climat.

On le savait déjà, pour la première fois, l’an passé, l’électricité produite en Europe avec le solaire et l’éolien avait dépassé celle d’origine fossile. Le cercle de réflexion Ember avait expliqué dans un rapport du 22 janvier à Londres que le nucléaire restait la première source de production électrique en Europe. Le charbon y poursuivait son déclin, le solaire décollait… La part de l’éolien et du solaire pointait à 30,1 % dans la production d’électricité contre 29 % pour la part cumulée des gaz, pétrole et surtout charbon.

Le monde confirme l’Europe

Une tendance européenne encourageante pour une transition énergétique bas carbone et une tendance qui vient d’être confirmée dans le tout dernier rapport d’Ember, daté du 21 avril et cette fois-ci avec une trame de lecture mondiale. Le vent de l’histoire semble souffler dans le même sens, en dépit des éructations pro-fossiles de Trump ou de Poutine (liste non exhaustive), l’essor spectaculaire des énergies tirées du soleil et du vent devient la carte maîtresse de la transition énergétique bas carbone dans le monde. Car en tout dernier pointage, le solaire, l’éolien et les barrages hydroélectriques représentent, à présent et ensemble, 33,8 % de la production mondiale d’électricité contre 33 % pour le charbon.

Un petit point symbolique

Ce léger avantage des renouvelables est-il précaire, acquis grâce à la géopolitique compliquée de la crise moyen-orientale dans le grand jeu chamboule-tout des marchés du gaz et du pétrole ?

L’étude d’Ember s’appuie sur les analyses de 91 pays représentant 93 % de la demande mondiale en électricité. Fait notable pointé notamment par le journal Le Monde, la production d’énergie renouvelable, notamment de solaire, a permis de répondre à toute la hausse de la consommation électrique : les énergies propres démontrent qu’elles peuvent satisfaire à elles seules tous les besoins supplémentaires.

La production d’électricité solaire a été multipliée par dix en dix ans, elle a doublé ces quatre dernières années. Ce solaire voit sa part bondir de 30 % en 2025 par rapport à 2024 (merci à la forte hausse des capacités de stockage dans les batteries), c’est trois fois plus que l’éolien, 18 fois plus que le gaz, la seule source fossile encore en progression.

S’emballer trop vite ?

Mais attention, si les renouvelables absorbent les besoins supplémentaires, elles ne sont pas encore capables de réduire la production des fossiles. Celle du charbon est par exemple restée stable à – 0,6 % (on s’attendait à une forte hausse avec la crise du gaz à – 4 % et celle du pétrole). L’essor du solaire (+ 30 % donc) et de l’éolien, permet ainsi d’amortir quelque peu l’impact énergétique négatif de la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran.

À méditer d’autant plus que comme le rappelle le site écologique Reporterre, « pour la première fois depuis la pandémie de Covid-19 en 2020, la production d’électricité issue des combustibles fossiles a très légèrement reculé (- 0,2 %) en 2025 dans le monde. C’est notamment parce que la Chine et l’Inde ont vu leur production d’électricité fossile diminuer respectivement de 0,9 % et 3,3 %. À l’inverse, elle a augmenté dans l’Union européenne et aux États-Unis ».

En France, pour ne parler que de notre pays, les énergies fossiles représentent près de 60 % de la consommation d’énergie d’après le dernier rapport de RTE de décembre 2025. Le gestionnaire du réseau français d’électricité estime que ces énergies fossiles pourraient être remplacées par une hausse de l’utilisation de l’électricité. Une électricité de plus en plus décarbonée.