Le leader mondial de la levure de panification (un pain sur trois) dont le siège est à Marcq-en-Baroeul (570 salariés, 11 000 dans les 80 sites mondiaux) vient d’inaugurer son unité de valorisation de la chaleur fatale issue de la fermentation de ses levures en cuves dont les eaux à 30 degrés sont injectées dans la nouvelle unité pour monter à 90 degrés avant envoi dans les séchoirs. Avec ce nouveau procédé, les deux énormes pompes à chaleur (19 MWth chacune) permettent à l’entreprise de baisser de 70 % sa consommation de gaz, avec en prime une économie d’eau de 150 000 m3 par an.

Ainsi, depuis ce début d’année, d’après nos confrères de La Voix du Nord, ce sont 1 651 tonnes de CO2 qui ont déjà été économisées, ambition 30 000 tonnes en moins chaque année. Engie est partenaire de l’opération qui a mobilisé 22 millions d’euros d’investissement (7 M€ de Lesaffre et 15 M€ d’Engie), subventionnés par l’ADEME à hauteur de 5,6 M€.

Lesaffre veut réduire de 2,5 % ses émissions annuelles de gaz à effet de serre pour viser la neutralité carbone d’ici à 2050. La Voix du Nord cite Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie : « La chaleur fatale est un gisement sous-valorisé en France. Ça correspond à 110 TWh par an non utilisés, soit un quart de la production électrique en France. Cela revient à dire que 30 % de l’énergie consommée par l’industrie est perdue. »