Le groupe régional de travaux publics Vitse s’apprête à commercialiser une nouvelle machine de tri des déblais de chantier via son entité Devarem Développement. Nous avons rencontré la « DEVCAR » dans sa grande plateforme de recyclage des minéraux inertes d’Houplin-Ancoisne.

Du déblai valorisé en remblai. Des minéraux extraits en carrières ou issus des chantiers de BTP récupérés et traités en plateforme, c’était grand remue-ménage ce lundi matin-là dans l’enceinte close de la dizaine d’hectares de Devarem à Houplin-Ancoisne, au sud de Lille. Le ballet des convois de bétons et gravats en tout sens, les petits nuages de poussières générés par leurs passages incessants pour déplacer, grossir ou amoindrir les cônes de minéraux inertes (non pollués), c’était pour l’essentiel la valse des déblais terreux des activités de chantiers ou des granulats concassés et criblés.

L’impression est quasi lunaire en traversant la cathédrale ouverte aux courants d’air de l’immense bâtiment de stockage qui put servir, dans le passé, pour les voussoirs du métro de Lille ou pour des maisons pré fabriquées. Ici, la plateforme aux 250 000 tonnes de matériaux stockés chaque année valorise absolument tout selon l’idée force qu’il s’agit, pour un industriel des TP, de fabriquer à présent ses propres matériaux – et de servir le traitement des autres.

La « bête » en démonstration

Franck Dhalluin (notre photo ci-dessous) ouvre alors la marche avec l’expérience solide du métier. En charge du commercial de Devarem Développement, il souhaite nous montrer sa petite dernière, une machine très spéciale fabriquée à Noordpeene, le siège de Vitse, la maison mère, 160 salariés, 25 M€ de volume d’affaires, quatrième génération dans les travaux publics. Ce lundi matin, la « DEVCAR » est en démonstration pour un client potentiel. Elle est mobile malgré son poids un peu lourdingue (44 tonnes) car sa raison d’être est de pouvoir travailler sur site, dans les carrières ou ailleurs.

Le process des carriers est d’extraire des cailloux mélangés avec des fines, ces matériaux parasites en carrière, ces limons ou argiles qui apparaissent lors du criblage grossier (le scalpage) pendant l’extraction. Au cours de celle-ci, 60 % du scalpage est constitué de cailloux que les carriers n’exploitent pas mais que Devarem récupère pour les valoriser, aller chercher ces cailloux mélangés pour les remettre sur les chantiers et éviter d’acheter du caillou « neuf ».

 

Un beau programme de développement

Comment procéder ? Franck Dhalluin connaît bien le pôle de compétitivité Team2 sur l’économie circulaire, il en fut l’un des premiers responsables à Loos-en-Gohelle (Team2 est à présent à Lens). Une collaboration naturelle s’enclenche, un programme de labellisation est lancé sur un projet à 1,4 M€ avec l’Ademe et la Région, avec également le soutien de l’agence experte en écoconception Weeloop qui réalisa l’analyse en cycle de vie (ACV) de la future machine.

À qui l’on demande d’augmenter la « criblabilité » des matériaux grâce à un apport de chaux et directement sur les sites des clients, toute terre sortie d’une parcelle devenant un déchet, donc avec les contraintes dédiées à ce statut, autant rester in situ… Les déblais entrent ainsi dans la machine, immédiatement mélangés à un peu de chaux (environ 15 kg pour une tonne), laquelle agit sur les fines en les asséchant, on dira que l’on va « chauler le scalpage » afin d’extraire le caillou, le produit recherché, cet « or jaune » en sortie de machine.

Mobilité, circularité

Résumons-nous. Les excédents de chantiers ou de carrières sont à l’ordinaire emmenés sur les plateformes de recyclage afin d’y être traités avec de la chaux, on trouve tout cela à Houplin-Ancoisne. La nouveauté de cette machine est qu’elle pourra travailler aussi à l’extérieur des plateformes. Le caillou a de la valeur, estimée entre 6 et 20 euros la tonne. Le business étant ce qu’il est, autant en récupérer un maximum pour le remettre sur les chantiers de TP, de bâtiment, en sous couches routières (la RN 41 près de Lille est par exemple en terre « chaulée ») ou sur le foncier ferroviaire.

Quant à cet « or jaune », ce produit fini, matériau chaulé, il marque un certain avenir grâce à la circularité de son process, au moment où l’activité du bâtiment et de la promotion immobilière souffre : le caillou recyclé sera de plus en plus convoité.

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