La demande est forte à Kherson, dans le sud-est du pays en guerre, en zone d’un conflit qui brise aussi les fenêtres que les habitants n’ont pas le temps de remplacer, ou l’humeur, ou tout bonnement les moyens de s’y atteler.

En France, les menuiseries extérieures peuvent être recyclées mais la réglementation sur le confort thermique empêche encore leur bonne réutilisation.

Les fenêtres sont alors mises en déchets, orientées vers des plateformes de séparation des éléments (verre plat, PVC, aluminium, etc.), le verre étant pour sa part dirigé par exemple vers des centres permettant de refaire du verre de vitrage en boucle fermée, comme chez Covanord à Aniche, en partenariat avec Saint-Gobain.

L’alternative dans la guerre

« Sauf qu’il y a une autre solution, celle du réemploi, affirme Lucie Dankovics (notre photo), ingénieure bâtiment, cheffe de projet chez Néo-Eco, agence référente de création de filières de valorisation de produits à Hallennes-Lez-Haubourdin. La récupération des matériaux dans les opérations de déconstruction a beaucoup progressé, dit-elle, générant plus souvent une forte valeur ajoutée comme avec par exemple La Meta à Tourcoing où les bailleurs régionaux Vilogia et LMH parviennent ensemble à obtenir 98 % de valorisation lors de la destruction de logements sociaux. »

S’agissant des fenêtres pour l’Ukraine, c’est l’intervention de bailleurs sociaux parisiens qui permet de monter une opération inédite. Un stock de 140 fenêtres en attente à Forges-les-Eaux, près de Rouen, doit être livré à Odessa, la grande ville portuaire située près de Kherson. Néo-Eco pilote l’acheminement, réfléchit sur le conditionnement. Les fenêtres sont récupérées sur place par une ONG et tout est gratuit.

Une opération symbolique mais grandement utile, et qui confirme la volonté de Néo-Eco d’intervenir en Ukraine. L’expert nordiste de la construction-déconstruction intelligente dispose d’une équipe permanente sur place depuis plus de deux ans avec au départ la réhabilitation circulaire de six immeubles bombardés à Hostomel, un immense quartier-banlieue de 40 000 habitants dans la région de Kiev.