Louis-Philippe Blervacque pilote son influent bureau d’ingénierie environnementale à Roost-Warendin, près de Douai. Il vient d’être récompensé pour avoir transformé son siège en vitrine d’une des très rares permaentreprises de notre région, une rénovation-extension exemplaire qui réduit à son maximum son impact environnemental sur la nature, les ressources, les hommes et les femmes qui y vivent.

Tout de suite l’énergie circule. On pénètre à présent chez Auddicé comme on entre en forêt claire, oxygénée, vivante. Car enfin, combien sont-ils, chez nos dirigeants d’entreprises, à mettre autant de points d’honneur à offrir un tel cadre biosourcé, sobre en ressources et énergétiquement efficace à leurs collaborateurs ?

Ici, à Roost-Warendin, ni salle de consoles de jeux vidéo pour start-upers markettés. Pas de citations inspirées rappelant sur les murs les principes post-modernes du développement personnel et de l’épanouissement obligatoire en entreprise libérée. Pas de flipper, de mini piste de skate-board, pas de hamacs suspendus sous lumière bleue, pas d’open space avec salariés sous casques. À la place ? Tout le contraire.

Garantir une sobriété de ressources

Le siège social d’Auddicé a obtenu le trophée Rev3 du bâtiment durable dans la catégorie « rénovation tertiaire » lors du congrès national du bâtiment durable (CNBD), le 5 septembre à Lille, prix décerné par la Région et par le Cd2e. Implanté depuis 2006 dans une ancienne friche minière, le bâtiment s’est littéralement métamorphosé au terme d’un investissement de 2 M€ pour 2 116 € au m2 de rénovation, les connaisseurs apprécieront.

Qu’a voulu dire Louis-Philippe Blervacque ? Que le respect des limites planétaires signifie celui, en concordance, de son bureau d’étude, suivant le principe initial de la permaentreprise dont il est un ardent promoteur, concept théorisé et mis en application opérationnelle pour la première fois en région par Sylvain Breuzard pour son entreprise de services informatiques Norsys, 600 salariés à Ennevelin, près de Lille.

Chez Auddicé, on pense aussi bien en systémie pour relier en gestion intégrée l’eau, l’énergie, la biodiversité, les espaces, la mobilité. « Nous avons tout écoconçu pour prendre en considération l’ensemble des facteurs écologiques, économiques et sociaux liés à notre activité », explique Louis-Philippe Blervacque. Qui convoque son inventaire à la Prévert.

Inviter la nature pour travailler mieux

Isolation en paille, renforcée par de la laine de bois sur l’extension de 500 m2, isolation en laine de chanvre pour les plafonds et fenêtres doublées en bois, charpentes, murs en bois si possible biosourcés et régionaux, bardages en châtaignier de l’Oise, sols biosourcés en végétal Marmoleum. Chauffage par géothermie puis biomasse, centrale photovoltaïque en toiture pour produire 60 MWh par an et garantir l’autoconsommation.

Confort thermique optimal, jusqu’à la végétalisation des façades avec du houblon grimpant (la bonne idée clin d’œil !). Haies bocagères, nichoirs intégrés au bâti pour les martinets, les passereaux, fauche tardive (un fois par an), arbres fruitiers, muret de pierres et mare, idéal pour les oiseaux insectivores (refuge LPO), les batraciens ou les lézards.

Les eaux pluviales sont retenues à la source, on imperméabilise le moins possible, les dalles du parking sont en plastique recyclé hors places en herbe ou en pavés. L’éclairage raisonné empêche toute pollution lumineuse nocturne, les cloisons sont modulaires, le bâtiment est évolutif, les espaces invitent aux échanges, y compris via un plan de déplacement élaboré avec d’autres entreprises de la zone d’activité du Chevalement.

Il faut, on doit partager. À l’intérieur, le mobilier est issu du réemploi, le contrat d’électricité est 100 % énergies renouvelables, quatorze bornes de recharge électrique jouxtent un grand hangar à vélos (avec atelier de réparation)…

Démontrer la performance écologique

Auddicé a voulu s’inscrire dans la veine des bâtiments démonstrateurs de Rev3. Le bureau d’études environnementales emploie 160 salariés (40 de plus avec la reprise d’Imagreen l’an passé) pour un volume de chiffre d’affaires global de 15 M€. Les économies de matière, d’énergie et de carbone suggèrent une franche atténuation des risques liés au changement climatique.

Quant à l’adaptation, pour anticiper les vulnérabilités à venir, il suffit de s’armer. Non pas de patience, il y a urgence, mais de volonté pour passer à l’acte en urbanisme durable, architecture frugale, en écologie surtout. La performance environnementale n’interdit pas la rentabilité des affaires. S’il vous plaît, qui peut faire passer le message ?

L’éco Dynamo, le site d’information influenceur de transitions climatiques par la réduction des empreintes environnementales dans l’industrie, les services et le commerce des Hauts-de-France.

Lettre d’information

Copyright © 2025Lecodynamo