Qui a réparé cinquante tonnes d’objets l’an passé, comment une communauté de réparateurs crée du lien social et sociétal avec plus de 17 000 personnes dans la région chaque année ? La réparation progresse et c’est une bonne nouvelle, comme en témoigne la journée annuelle des Repair cafés ce samedi 17 octobre.

La sixième édition de l’opération « Les Hauts-de-France réparent » doit permettre la mise en lumière d’une soixantaine de Repair cafés dans quarante lieux de la région. Avec un total de 240 structures, le réseau des Hauts-de-France est l’un des mieux fournis à l’échelon national – et sans doute l’un des mieux organisés. « Cela fonctionne bien, 60 % des objets qui nous parviennent sont réparés sur place, dans les ateliers des Repair cafés et c’est plus de 90 % si le propriétaire apporte une pièce détachée », explique Christophe Goddon, animateur du réseau depuis la maison régionale de l’environnement et des solidarités, la MRES à Lille (qui dispose d’un Repair café au centre social de la Busette, près du Grand Palais).

La journée du 17 octobre, comme les précédentes éditions, apporterait de la visibilité aux lieux et à ceux qui les fréquentent, ces 17 000 personnes qui viennent apporter des tonnes d’objets à réparer ensemble, du petit électroménager, des machines à café en grains, des machines à coudre, ordinateurs, aspirateurs, etc. Leurs motivations sont connues, elles sont diverses, entre l’intérêt écologique de prolonger la durée de vie d’un produit, l’intérêt économique du pouvoir d’achat, la convivialité des liens tissés ou tout simplement l’attachement affectif à un objet que l’on ne souhaite pas remplacer.

L’écosystème de la conso responsable

Le rendez-vous des Repair cafés associe la Région et surtout l’ADEME, l’agence pour la transition écologique qui accompagne le pilier de la réparation par le réemploi. « C’est un mouvement essentiel pour l’économie circulaire et nous avons à cœur de le développer comme un vrai marqueur d’une consommation plus responsable », assure Christophe Bogaert au sein de la direction régionale à Douai.

L’ADEME soutient ses deux référents, la MRES à Lille et En savoir plus à Amiens. Le site des « Hauts-de-France réparent » oriente vers les lieux de réparation, tous gratuits, et informe par des tutos, renvoie à des salons de la réparation collective où il y a toujours du monde ou à des formations pour les bénévoles.

 Les Repair cafés sont surtout actifs dans les principales villes de la région, avec encore quelques zones blanches dans les campagnes les plus enclavées, à l’image de l’Aisne. La dynamique de réparation est réelle depuis 2017, encouragée par la loi AGEC anti-gaspi de 2020 et par l’intégration d’une consommation plus durable au sein des grandes enseignes. « Le nombre d’objets réparés par le réseau régional a progressé de 5 % en 2025, alors que le nombre de participants a augmenté de 40 % », précise Christophe Bogaert. Cette même dynamique est par ailleurs soutenue par celle du bonus réparation piloté par les éco-organismes. Au dernier bilan, pour ne citer qu’eux, 715 000 appareils électriques ou électroniques réparés en France en 2024, contre 181 000 en 2023.

L’ADEME met tout autant en avant la plateforme grand public « Que faire de mes objets et déchets » avec cartographie des lieux de réparation, conseils et solutions de dons. Soit 54 000 acteurs de la réparation au plan national dont les labellisés bonus réparation et ceux des chambres de métiers et de l’artisanat avec le label Répar’acteurs.

En 2024, nous dit un sondage de l’ADEME, 41 % des produits abîmés ou en panne ont été remplacés, c’est 13 % de moins qu’en 2019. Et 96 % des réparations sont estimée satisfaisantes. Le vieux grille-pain art déco ? C’était celui de mémé, on le garde !