Nos confrères d’Eco 121 nous le rappellent, l’accord intervenu le 15 mai dernier avec EDF a permis à la plus grosse usine d’aluminium d’Europe de sécuriser ses approvisionnements en électricité décarbonée à tarif réduit pendant dix ans, portant sur 70 % de ses besoins. Stratégique de fait : l’aluminerie est le plus gros client français d’EDF, elle consomme autant que la ville de Marseille entière.

Le site propriété du fonds American Industrial Partners depuis 2021 (qui d’après La Voix du Nord, étudie une cession ou une mise en Bourse) a besoin d’électricité pour son électrolyse, essentielle à la fabrication de l’aluminium. Il a investi 13 M€ pour son huitième four, le premier à fournir de l’aluminium recyclé, four qui ne fonctionnera pas à l’électrique mais au gaz naturel et oxygène pour sortir dix tonnes par heure avec une réduction massive des émissions de CO2.

Une tonne d’aluminium ainsi produite émettra 0,5 à 0,6 tonne de CO2 contre 4 tonnes pour les autres productions plus conventionnelles (la moyenne mondiale est à 17 tonnes de CO2 pour une tonne produite, ce qui permet de mesurer la haute performance de l’usine dunkerquoise). L’aluminium recyclé doit monter en gamme pour atteindre 30 000 tonnes par an avec de nouvelles installations d’ici à 2030 (l’usine produit au global 300 000 tonnes par an). De quoi pérenniser, nous explique Eco 121, l’activité des 720 salariés de l’entreprise aux 834 M€ de chiffre d’affaires en 2024, ainsi que celle de ses 250 sous-traitants permanents.