Le réemploi trouve aussi son compte dans les nombreuses chutes d’épicéa de l’écoconstructeur Edwood à La Madeleine. Une nouvelle association y a élu domicile pour valoriser ses chutes de bois en les revendant moins cher aux particuliers ou aux artisans.
Laurène Delloue ne bricole pas, elle travaille le bois. Tire une planche d’un mur plein de stock dans son dos, plonge dans des caisses au sol, recalibre, reformule, réemploie. Un CAP d’ébénisterie en poche, la jeune femme est touche-à-tout, dernier poste pourvu chez Edwood, avant le transfert de l’entreprise de Saint-André au nouveau parc d’activités Linéo à La Madeleine. L’écoconstructeur bois piloté par Antoine Bisbrouck y a conçu et aménagé un siège impressionnant de confort pour ses charpentiers, avec l’envie d’y associer des espaces pour d’autres, un atelier pour un menuisier extérieur locataire, des espaces de bureau pour des sociétés dans la transition, un autre atelier donc pour Le Chutier, le petit antre tout en fibre et sciure de Laurène.
Sauver du bois, sauvé de la benne
De nombreux bois de structure sont travaillés chez Edwood et les chutes d’épicéa sont régulières dans le vaste atelier de 100 m de long. Il suffit de récupérer les bouts de poutre, les rebuts de charpente et de menuiserie pour les redécouper dans l’atelier attenant et en faire des étagères, des mange-debout, de nouvelles planches à valoriser à l’adresse des particuliers, artisans, bricoleurs du dimanche ou des autres jours de la semaine.
« L’épicéa est à un euro le kilo, c’est trois fois moins cher qu’à l’achat neuf », assure Laurène, unique employée dans cette association indépendante d’Edwood. Comme déjà une quarantaine de personnes depuis son lancement en octobre, il suffit de s’acquitter d’une adhésion annuelle de 22 € pour bénéficier de ce nouveau service de réemploi.
Le Chutier cherche des partenaires, comme cette guinguette à EuraTechnologies à Lille pour écouler son travail qui pourrait intéresser d’autres entreprises, au-delà d’Edwood. Déploiement en vue !
Les murs du Chutier sont entièrement faits avec du MFP sauvé de la benne, son établi central est habillé à partir de chutes de bois, lorsque d’autres sont collectées chaque mois par la Fabrique de l’emploi de Loos pour devenir de nouvelles ressources utiles, sociales et solidaires. La vision est claire : sauver le plus de bois possible en créant un écosystème d’acteurs de son réemploi en mode circuit court dans la métropole lilloise. Et pourquoi pas au-delà ?