L’histoire est un petit feuilleton en soi, que lecodynamo suit pour vous dans ses articles En bref. Après quelques atermoiements sur le calendrier, le leader mondial de la sidérurgie boucle enfin la préparation administrative de son immense chantier prévu à partir de 2027 afin de produire à Dunkerque de l’acier bien plus bas carbone que celui qu’il produit aujourd’hui. La Voix du Nord fait dire à la direction de l’usine que ce chantier est d’une « ampleur inégalée depuis la construction de l’usine en 1962 ».
La visite du chef de l’Etat à Mardyck en février avait officialisé la construction d’un site pour de l’acier décarboné avec 1,3 milliard d’euros d’investissement (dont la moitié en certificats d’économies d’énergie viaEDF). Aujourd’hui, ArcelorMittal produit de l’acier avec du minerai de fer et du charbon. Son futur four électrique disposera d’une capacité de deux millions de tonnes annuelles contre 5,5 millions avec les deux hauts-fourneaux actuels, dont l’un devrait s’éteindre en 2030. Ce four électrique sera puissant, 200 MW (pour comparaison, un réacteur nucléaire de Gravelines porte à 900 MW). La houille n’est plus requise, le métal sera produit avec 60 % d’acier recyclé (25 % aujourd’hui), de la fonte liquide venue des hauts-fourneaux et du minerai de fer pré-réduit importé des Etats-Unis ou des pays du Golfe.
La décarbonation est au cœur de l’enjeu pour passer de 1,7 tonne de CO2 par tonne d’acier produite à moins de 0,6 tonne. L’usine reconfigurée pourra ainsi réduire de 27 % la production de CO2 de l’ensemble du site, le plus gros émetteur industriel français de gaz carbonique. Le chantier devrait durer 43 mois, la première coulée est attendue en 2029 pour produire 300 tonnes d’acier en moins d’une heure.